Rites de Passage

Le_passage_LCAV

La patronne du Passage : Audrey Jarry

C‘est incroyable comme le Fooding a ses afficionados (dont je reconnais parfois faire partie comme lors de cette très belle rencontre Aux Enfants Rouges), que dis-je, ses disciples et comment un banal endroit, très intelligemment maintenu dans son jus, en dehors des circuits touristiques classiques, se retrouve projeté en à peine quelques années d’existence comme par miracle dans les guides internationaux (dont le Lonely Planet) et les guides tout court. 


De manière surprenante, après avoir peiné à trouver le numéro recherché, on trouve en effet ici autant de touristes que de Parisiens, ce qui est un signe en soi des prouesses communicantes de la maison anglo-australienne. Question déco, certains pourront apprécier le style brocante et un grand retour en arrière de l’ambiance bon enfant du troquet de papa. Paris n’est pas la seule ville de l’hexagone à être touchée. J’ai pu observer de près le même phénomène à Bordeaux ou à Toulouse, et dans d’autres capitales régionales à l’identité forte, et aux universités bien remplies. Séquence nostalgie ou simple exploitation d’un filon identitaire pour une jeunesse en mal de repères (repaires) ?

 
La cuisine ouverte de rigueur : que du bonheur !

Poussé la porte, direct le nez dans les cuisines, l’accueil est plutôt charmant et très cool s’il en est, pas de carte, mais le menu déjeuner obligé du jour selon l’humeur du chef et les produits du marché (tiens ! Ça me dit quelque chose ?). 

Parisian food so good !

Au Passage (élu Fooding d’amour guide 2012) fait donc partie de ces néo-cantines de quartiers, sacralisées par la Fooding attitude, où quadras et trentenaires barbus, jeunes mamans émancipées, enfants libérés, habitués accrochés à l’antique zinc sirotant consciencieusement leur verre aux accents naturels, petites tables dépareillées, vieux carreaux, larges tables d’hôtes en formica d’avant-Ikéa, accents étrangers, peintures écaillées de circonstance, donnent le ton… C’est loin d’être mauvais, mais c’est loin d’être convaincant, contrairement à ce que certains émérites critiques ont pu dire. Une très belle cantine de quartier à un prix battant toute concurrence oui !!!

1/ En entrée unique : soupe de butternut, betteraves crues coupées à la mandoline, trèfle (à 3 feuilles, zut !), thym et piment de la Vera fumé sur le dessus. Rien à redire, un poil compact quand même. 

 

2/ Poisson : lieu jaune, haricot blanc et endive braisée à l’orange. Pas d’un intérêt extraordinaire, même si le lieu est de très bonne qualité. On appréciera ici le retour des années 1970 dans les assiettes paysannes en grès de mon enfance bretonne et le couteau d’office sur le côté. Mais où sommes-nous au fait ?

 

3/ Viande : côte d’agneau très rosé, avec la même garniture que précédemment. Un peu léger tout ça, prix oblige… C’est beau Paris à la campagne !

 

4/ Dessert : le chef se démasque enfin dans sa mousse au chocolat couverte de petites graines genre muesli… Nous voici bien chez nos amis les Anglais, on les reconnaît de loin !


Au Passage

1 bis, passage Saint-Sébastien

75011 Paris

Tél. : (33)1 43 55 07 52 

Menu déj. à 18 € ! Options tapas et portions en soirée, carte 38-45 €. 

Fermé le samedi midi, dimanche et lundi soir. 

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