1762 : Jean-Jacques Rousseau le visionnaire

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Portrait-buste de Jean-Jacques Rousseau par Jean-Antoine Houdon (vers 1778).

Un bijou de citation. Jean-Jacques Rousseau était de son temps. En 1762 paraît l’Émile ou De l’éducation. Une vraie petite révolution avant la lettre de 1789. Un temps où l’on avait les neurones connectés à son époque et où le philosophe, l’écrivain, pouvait écrire ce qu’il pensait, ce qu’il sentait, ce qu’il redoutait. Passant de la table d’un financier à la table d’un simple paysan, l’écrivain-philosophe souhaite éduquer Émile et lui commente le repas pris chez le financier où les mets défilent sans relâche :

« Par combien de mains estimeriez-vous bien qu’ait passé tout ce que vous voyez sur cette table, avant que d’y arriver ? Quelle foule d’idées j’éveille dans son cerveau par ce peu de mots ! À l’instant voilà toutes les vapeurs du délire abattues. Il (LCAV : Émile) rêve, il réfléchit, il calcule, il s’inquiète. Tandis que les philosophes égayés par le vin, peut-être par leurs voisines, radotent et font les enfants, le voilà lui philosophant tout seul dans son coin […]. Quel texte pour son instruction ! Avec un jugement sain que rien n’a pu corrompre, que pensera-t-il du luxe quand il trouvera que toutes les régions du monde ont été mises à contribution, que vingt millions de mains, peut-être, ont longtemps travaillé, qu’il en a coûté la vie peut-être à des milliers d’hommes, et tout cela pour lui présenter en pompe à midi ce qu’il va déposer le soir dans sa garde-robe (LCAV : autrement dit «  les cabinets « ) ? ».

Pas de commentaires à faire, sinon le seul fait qu’en 1762, il y avait bien quelques visionnaires autres que ceux d’aujourd’hui.

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