Les andouillettes, ça ne pue plus, parole de 5A !

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Gros mangeur comme beaucoup d’hommes politiques du siècle précédent, qui de plus né à Troyes dans la patrie de l’andouillette et maire de Lyon, capitale de la cochonaille, Édouard Herriot disait en son temps la phrase restée célèbre : « La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir la m…., mais pas trop ». Eh bien détrompez-vous, les choses ont bien changé depuis Herriot, les andouillettes, ça ne pue plus, qu’on se le dise !!! C’est ce que se tuent à répéter les membres de la « 5A », la très estimée et estimable Association Amicale des Amateurs d’Andouillette Authentique (AAAAA), qui m’a très aimablement invité hier midi à partager avec eux dans un bistro de la capitale un moment de dégustation bien convivial, surtout pour un  nouveau membre de la « 5A » !

 
Jacques-Louis Delpal

Distribuant chaque année une sorte de label internationalement reconnu, l’association des « 5A » dite aussi « A.A.A.A.A. » est née à la fin des années 1960 autour d’une bande d’amis, chroniqueurs gastronomiques et journalistes, dont l’initiateur Robert J. Courtine, alias « La Reynière », chroniqueur au Monde pendant plus de 40 ans, amateurs de bonne chair et… d’andouillettes ! L’association ne compte aujourd’hui qu’une vingtaine de lauréats, artisans et industriels confondus, le diplôme étant renouvelable tous les deux ans, afin de garantir une pérennité de la qualité. Méfiez-vous donc des contrefaçons au restau ou au bistro et allez un peu vérifier sur le site officiel de l’association ce qu’il en retourne !

Vincent Ferniot et Jacqueline Ury  en pleine concentration.

Déguster une andouillette, c’est tout un art, comme vous le diront les membres de la 5A, chroniqueurs et journalistes gastronomiques de la grande époque pour la plupart, parmi lesquels son sympathique président (depuis 1976 !) Jacques-Louis Delpal, un passionné de l’andouillette qui « y met toutes ses tripes » si je peux me permettre… Ni trop salée (elle devient rose), ni trop poivrée, sans avoir trop d’épices, muscade ou quatre épices ou d’herbes qui masqueraient le goût du boyau authentique, avec la bonne mâche en bouche, l’andouillette A.A.A.A.A. doit tout simplement être parfaite ! 

Une rareté : l’andouillette provençale, fabriquée à partie de 3 tripes de porc, estomac, chaudin et menu .

En compagnie de Vincent Ferniot, chroniqueur de l’émission Midi en France et directeur général de l’assez récente enseigne dans le vent Boco, Jacqueline Ury, ancienne journaliste gastronomique au Parisien, de mon ami le charcutier troyen Christophe Thierry, seul titulaire sans discontinuité du précieux label « 5A » depuis 1995, et d’autres amateurs chevronnés, Jacques-Louis Delpal veille scrupuleusement ce midi-là, au bon déroulement de la dégustation de quatre andouillettes triées sur le volet par une dizaine de membres du jury dont votre serviteur… Un vrai banquet républicain ! 

 
Christophe Thierry au premier plan.

Après plus de deux heures de délibérations, je confirme donc officiellement ici que la bonne andouillette, la seule, l’unique, vous l’aurez compris, je veux parler de la « 5A », ne pue plus, et qu’à la dégustation entre professionnels, elle est autant une affaire de nez, d’œil que de papilles, et qu’en conséquence Édouard Herriot doit bien légitimement se retourner aujourd’hui dans sa tombe. Quant à la politique… Longue vie à la « 5A » !

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