Au P’tit Curieux : la recette est dans le piano !

Les restaurants ne sont pas que des lieux de passage. S’asseoir quelque part devant une belle assiette et si possible en bonne compagnie n’est pas si évident que cela. Mis à part les horribles déjeuners ou dîners d’affaires, espaces souvent contrariés où les inviteurs se passent le plat en essayant de ne pas mettre les pieds dedans ou repartir les pieds devant, le restaurant est surtout, quoi qu’on en pense, un lieu de convivialité et de plaisir qu’il s’agit de cultiver. Le restaurant est une sorte d’idéal absolu d’art total où de nombreuses disciplines et arts se rejoignent. Et il n’y a pas que les étoilés ! Du plus modeste établissement au plus glorieux, la moindre fausse note, le moindre accroc échappant à la logique du convive verrait cette œuvre anéantie. Que ce soit l’assiette, le service ou la déco, rien n’échappe au chaland et tout doit lui parler à l’unisson. En une parfaite harmonie en quelque sorte.

Cette petit musique, Selim Ben Amor la connaît. Musicien et violoncelliste accompli, cet homme de goût(s), qui est aussi un ami, a mis en place un rêve éveillé mûri depuis de longues années. Après avoir œuvré au quartier des Halles, au Tambour, au Cochon à l’Oreille et à La Potée des Halles où nous l’avions rencontré il y a cinq ans, Selim se lance et créée son propre lieu. Ce sera Au P’tit Curieux, un lieu atypique dans le 10e arrondissement de Paris où bistronomie et musique ne feront qu’un en un accord parfait. Ouverte le 14 septembre dernier, l’adresse mêle mélomanes et gastronomes dans une vraie soif de partages humains et de convivialité, de sens artistique aussi, de perfection et de recherche du beau et du bon. Au total, une cinquantaine de places assises aux couleurs chatoyantes et sûres permettent aux heureux conviés et invités de suivre les concerts du jeudi et du samedi joués dans une très belle salle en sous-sol. Aux commandes du piano en cuisine, près d’un beau et long piano-forte Gaveau, le chef italien Toni Verardo sait faire chanter ses assiettes, dans de belles gammes classiques. Au menu, plaisirs des papilles et des oreilles autour d’une belle et audacieuse programmation jazz et classique. La décoration originale signée par l’artiste complet Luc-François Granier fait comme un clin d’œil à Chagall au plafond (voir photo d’ouverture) et à Cocteau, l’ami des poètes, sur les murs et les tables, bientôt aussi les sous-bocks… Quand on vous disait « art total », il fallait bien nous croire…

Œuf bio parfait, écrasé de pommes de terre aux herbes, émulsion de potimarron au gingembre, Huîtres spéciales «  Viking » de Normandie, médaille d’or au Concours général agricole 2013 et 2014, pavé de lieu jaune parfaitement cuit à la purée de persil racine, pickles d’oignon rouge et œufs de hareng fumés ou crème brûlée très légère et pas trop sucrée « maison » au spéculoos, rien ne manque et tout est en place. Sans oublier une carte des vins bien réconfortante, dont des bourgognes que Selim connaît sur le bout des doigts.


Au P’tit Curieux

27, rue Sambre-et-Meuse

75010 Paris

Tél. : (33) 1 84 25 53 32

Ouvert midi et soir du lundi au dimanche de 12h00 à minuit. Menu à la carte autour de 30 €. Réservation conseillée !

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